vigneJe quittais mon poste de responsable informatique de la société Festo un vendredi et je débutais mon rôle de chef de projet au sein du Cabinet Legros, le lundi, sans même prendre le temps d’avoir le trac !

Monsieur Legros était un des deux examinateurs qui m’avait fait passer l’oral lors de ma certification d’analyste programmeur, mais on ne peut pas dire que cela avait facilité mon embauche, car celle-ci s’était faite par le biais d’un cabinet de recrutement, et je n’avais rencontré mon futur patron qu’en bout de parcours.

Entre la signature de mon contrat et le démarrage de celui-ci, c'est-à-dire durant le temps de mon préavis, l’organisation et la hiérarchie du cabinet avaient changées. Bien que toujours majoritaire, monsieur Legros n’était plus le seul patron, il y en avait dorénavant un pour chaque produit ; compta, gestion commerciale élevage et négoce vin et gestion commerciale hors vin. J’étais affecté, tout comme les deux autres nouveaux chefs de projets, au département ‘vin et spiritueux’.

Dès le premier jour je partais en clientèle. Le client, dont je tairais le nom, un ‘grand’ du négoce de vins prestigieux, recevait, d’un accueil un peu agacé, son troisième chef de projet alors que son projet n’avait toujours pas démarré. De plus le nouveau chef de projet, moi donc, ne connaissait rien aux spécificités de la gestion du vin... Ces spécificités du métier d’éleveur-négociant en vin ; la régie, l’assemblage, la campagne des primeurs, etc., je les apprenais sur le tas c.-à-d. chez mes différents clients.

J’appris aussi la diplomatie, l’art de faire passer les pilules amères ; comment expliquer l’inévitable glissement d’un planning, argumenter l’absence de fonctionnalité, et pourtant justifier la facture. Tout cela je l’appris également sur le tas, car rien ne vous y prépare à l’école, ou alors peut être dans la filière commerciale. Un patron ne vous apprend pas cela non plus, toutefois il vous envoie au casse-pipe pour vous former.

Toute expérience professionnelle est instructive, au mieux elle permet d’acquérir l’expertise, au pire elle forge le caractère. Celle-ci fut pour moi un mélange des deux.

Cependant je restais peu de temps dans cette société. J’y étais entré pour faire du projet sereinement, j’avais pensé que le travail chez un éditeur-intégrateur me permettrait d’acquérir au mieux les techniques et le savoir faire, mais je n’étais pas entré au bon moment, le cabinet Legros était en pleine mutation, mon apprentissage fut compliqué par la nécessité de gérer du conflictuel.

Je donnais ma démission pour retrouver un poste de Responsable Informatique et apprendre un nouveau métier celui de la prestation logistique.

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