L'angoisse commence bien avant le coup de fil, vous allez me dire que Monsieur de La Palice rougirait de tant d'évidence, mais bon on ne vous a rien demandé.
Donc, je disais que l'angoisse débute bien avant de se saisir du combiné téléphonique, il est vrai que l'angoisse nait de l'idée que l'on se fait d'un événement à venir et non de l'événement lui même.
C'est fait, j'ai placé ma phrase, alors la suite ...
Cette angoisse s'intensifie au rythme des actions qui précédent le dit événement, à savoir la composition du numéro, l'écoute des sonneries lointaines, une, deux, chouette y a personne, trois, bon à quatre je raccroche, quatre, merde ça décroche. Alors il faut bafouiller son baratin, il a été rédigé au préalable mais il est difficile de lire, ça manque de naturel et surtout ça n’exhale pas trop la maitrise du sujet. Et la l'angoisse tombe, l'événement est en cours, le contact est établi, il n'y a plus de crainte, il faut juste suivre le flot, en maintenant au mieux la tête hors de l'eau. Ensuite, une fois raccroché, viendra le temps de l'autocritique. On l'a dit bénéfique, c'est vrai mais elle est aussi très auto-dévalorisante, de la pure flagellation sous un terme plus moderne. Dire qu'il y a des pros de ça !
Comme je suis navré d'avoir 'jeté' tant de vendeurs téléphoniques de lutte contre les parasites, de marchand de cuisine et de canapé cuir qui vous annonce gagnant du magnifique appareil photo et du set cuisine pour madame, lots que vous ne pourrez retirer qu’en présence de la dite madame et surtout à condition d'écouter le blabla du vendeur de canapé pendant au moins une heure. Quand je pense à tous ces magnifiques lots que je n'ai jamais été retirer, car je suis mauvais public pour ce genre de démarchage; quand je ne réponds pas que non-je-ne-suis-pas-intéressé-par-le-magnifique-lot, je prétends que-la-madame-elle-est-chortie-je-ne-chuis-que-la-bonne-(pardon la technicienne d'entretien des lieux de vie de la patronne), en prenant, pardonnez moi par avance, l'accent portugais qui sied si bien, dans notre imaginaire, à la fonction! Je redemande à mes amis natif de ce beau pays qu'est le Portugal de ne point me tenir rigueur de ce vilain aveu. J'ai 'jeté' plus d'un appelant téléphonique, alors que ce pauvre salarié précaire ne faisait que son devoir, tant il était contraint de devoir gagner sa croûte, n'étant pas l'heureux chanceux du tirage de la loterie nationale !
Et voila, que, dans la même situation, je me vois dans l'obligation de démarcher à mon tour et d'essuyer, à mont tour, des tirades malodorantes, des raccrochages irrévérencieux et autres lynchages auditifs !
Méa Culpa ! Disait machin, en bon latiniste qu’il était, méa culpa car je dois l’avouer c’est dur de se faire jeter, même si ce n’est pas personnel, mais juste professionnel. Pardon mesdames-messieurs les téléphonistes, j’essaierai d’être plus compatissant et de vous le dire moins ‘vertement’ que votre visite ou produit ne m’intéresse pas ! Une faveur, toutefois si vous me lisez, arrêtez de me compter dans les retraités-propriétaires-en-zone-rurale ou ménagères-propriétaires-en-zone-rurale, je suis à la maison car je travaille depuis mon domicile et je suis obligé de décrocher mon téléphone des fois que … alors ça me vexe.
Quel drôle de titre !

Je quittais mon poste de 


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